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2017 ÊTRE LA PORTE QUI S'OUVRE

ÊTRE LA PORTE QUI S’OUVRE

Galerie René Blouin

Exposition du 4 février au 18 mars 2017

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Extrait de l’article de Maude Johnson, pour la revue ESSE

Une douceur bienvenue enveloppe les murs de la Galerie René Blouin, le temps de l’exposition Être la porte qui s’ouvre de Marie-Claire Blais. Essentiellement picturale, cette douceur parvient à générer une ambiance qui transforme, momentanément, l’atmosphère de la galerie. Les codes rigoureux de ce white cube s’en trouvent étrangement ébranlés, comme si la pseudoneutralité d’un tel espace était délicatement invalidée. Portés par une palette aux pâles teintes de bleu et de rouge, les grands formats de Blais envahissent, subtilement ; ils investissent l’endroit d’une sensibilité précieuse. C’est presque une douzaine de toiles, seules ou en diptyques, qui peuplent l’espace d’exposition. L’assemblage organique crée une impression de cocon par lequel on se retrouve agréablement cerné. Cependant, malgré le sentiment de légèreté palpable, il n’en ressort pas moins une critique incisive qui questionne avec finesse les rapports de pouvoir à l’œuvre dans la peinture et l’histoire de l’art. +

ARTICLES

LE DEVOIR - ESSE - REVUE EX-SITU

Réalisées au moyen de pochoirs de jute à travers lesquels les pigments ont été vaporisés, les œuvres présentent un effet textile trompeur : de loin, on croit plutôt voir des tapisseries à l’aspect feutré que des peintures abstraites. En s’avançant, on perçoit le travail de superposition colorée accompli par l’artiste. La texture qui résulte de ces fines couches de peinture accumulées sur la toile rappelle celle d’un tissage dont la trame est bien visible. La série de Blais est ainsi traversée d’une dimension artisanale, à la fois dans le procédé et le rendu. On pourrait convenir d’un propos féministe dans ce travail où la mémoire d’une manipulation et le rapport au textile se dressent fièrement face aux idéaux techniques d’une peinture de la Renaissance et aux théories de l’espace pictural des plasticiens. Il y a dans les tableaux de Blais une riche dualité qui, sans se montrer paradoxale, ouvre à une critique des espaces dominés par les hommes — espaces de représentation et d’exposition. L’alliance surprenante de la perspective et d’une attention à la question de la surface engage un commentaire juste et pertinent sur l’histoire de l’art, notamment.

Les œuvres de Être la porte qui s’ouvre parlent d’égalité, soulevant des enjeux liés à la hiérarchie entre beaux-arts et artisanat, et entre pratiques associées aux hommes et celles attribuées aux femmes. Blais remet le traditionnel en perspective pour mieux le bouleverser. La présence ambigüe de la main de l’artiste aux côtés d’un travail géométrique de précision émet son lot de contrastes. Or, le tout est si bien orchestré qu’on ne peut qu’être convaincu par la proposition de l’artiste. Elle envoute et se ressent au-delà du visuel : on se garde bien de toucher mais l’aspect haptique est efficace. L’impression que si l’on effleurait la toile, même juste du bout des doigts, elle offrirait une expérience soyeuse.

Être la porte qui s’ouvre réfère peut-être, en somme, à cette ouverture sur une autre manière d’aborder la peinture, profondément consciente des rapports hégémoniques qui marquent ses histoires.

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